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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
le journal de max
Communication délicatesemaine 3, mardi 14h00
Interrogation surprise<b>semaine 3, mardi 10h00</b> Avec mes remerciements<b>semaine 3, mercredi 10h00</b>
Il est grand temps de mettre à profit mes nouvelles connaissances littéraires auprès de la petite Christelle. Autant la sobriété du verbiage de Méga-Man en facilitait la mise en boîte, autant séduire la belle relève d’une autre paire de manches. A coup sûr, elle trempe du Victor Hugo dans son chocolat, mâchouille Hegel en salade et dégomme deux ou trois tranches de Kant pour son quatre heures. Il faudrait lire tout Nietzsche. Je me contente de finir le prologue.

Mon estomac se tord. Le couloir aussi. Trac ou patraque, il faut se lancer. Le moment crucial se rapproche jusqu’à coïncider exactement avec le présent. Elle est là, devant moi. Impossible de reculer. L’histoire, notre histoire, est en marche. Mon cœur pulse, ma bouche est pâteuse. Bordel de merde. Tout ce que je demande, c’est cinq minutes avant que les haricots remontent. Lui vomir dessus, ça, elle ne le comprendrait pas.

Je prends un air songeur, relève un sourcil. Mon regard se perd à l’horizon. La pensée jaillit en bloc : « Il y a beaucoup de ver en l’homme. » Voilà. Pour sûr, elle ne s’attendait pas à trouver pareille érudition en ces lieux. Le temps qu’elle en réalise toutes les conséquences, le prince devant elle, sa vie qui bascule, enfin la grande aventure et ses yeux vont s’éclairer. Elle me dira que Nietzsche est son auteur fétiche, et tôt ou tard, nous partirons main dans la main. C’est inéluctable.

Elle fronce les sourcils : « J’ai un oncle qui en a eu, il parait que c’est épuisant. » Mais de quoi parle-t-elle ? Impossible de lui avouer que j’ai espionné son ordinateur. Je suis coincé. Seule sortie : j’explique qu’il s’agit de Gégé. « Oh, le pauvre. Surtout à son âge ! » Un coup pour rien. Ce n’est pas grave. Sinon qu’il va falloir annoncer à mon pote qu’il a un affreux ver solitaire dans les intestins.
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