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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
le journal de max
Un des premiers articlespar Alexandre Lévy, lemonde.fr
La première interview<b>par Vincent Monnier, Nouvel Obs</b> La dépêche AFP<b>Audrey Kaufmann, AFP</b>
Dans un genre que certains qualifient de "trash" blog, un nouveau carnet de bord virtuel a fait son apparition sur la Toile : le journal de Max. Politiquement incorrect, volontiers misogyne et cynique, le mystérieux "Max" y raconte son quotidien de cadre supérieur : "Ma vie - de merde - sur grand écran", comme l'annonce le sous-titre dudit blog.  

Son premier billet, daté du 30 août, jour de rentrée pour ses collègues, intitulé "Bonjour les connards" annonçait déjà la couleur de sa prose destinée à égayer un peu ses après-midi au bureau. Il évoque également le pourquoi de son blog, "ce journal anonyme dont je ne sais pas où il me mène, sinon à passer un peu de temps peinard, la porte bien fermée, ce qui est déjà en soi une bonne chose".

Au fil des "posts" (contributions), l'internaute découvre peu à peu le monde de Max, peuplé essentiellement par ses collègues de travail, à commencer par le "Boss" et sa secrétaire "la physiquement incontournable Annie-les-gros-mollets", "Gégé", son "pote", grand amateur de clichés numériques coquins, "A.", le fourbe qui prospecte la concurrence ; "la petite Christelle", ou la stagiaire sur laquelle Max a des vues, et "Solénoïde", la standardiste ; Martine, "notre comptable bien-aimée", à qui il soumet ses notes de frais astronomiques. Et tous les autres, que Max appelle les "clones" parce qu'ils sont "interchangeables et que je ne connaîtrai rien d'eux".

Cette chronique française très crue des arcanes de la vie de bureau, avec ses intrigues et ses relations de pouvoir, a d'ores et déjà été plébiscitée par bon nombre de pairs de Max, ses confrères et consoeurs blogueurs. "Jubilatoire", "hilarant", "méchamment bien écrit". Les compliments fusent dans la "blogosphère" sur ce défouloir virtuel dont on se repasse l'adresse de blog en blog.

Tous se posent, bien évidemment, l'inévitable question : "Qui est Max ?" Certains envoient même des clichés le représentant. Alors, un imposteur, un affabulateur ou un casse-cou ? Car, même si l'auteur avoue maquiller un peu les dates et les prénoms, la découverte de son identité et celle de l'entreprise où il travaille ne peut avoir que des conséquences désastreuses pour son avenir professionnel. "Du fond de cette turbine à fric, ce journal torché à la va-vite est mon jardin personnel, ma seule gratuité. Je peux m'y poser toutes sortes de questions", répond en écho Max, qui, certains jours, semble s'inquiéter de cette célébrité subite sur la Toile, où ses supporters forment un véritable fan-club l'encourageant tous les jours à continuer.

Sous d'autres latitudes, des blogueurs ont déjà été sanctionnés par leur employeur pour leurs activités de diaristes virtuels. C'est le cas d'un journaliste américain d'origine chinoise résidant en Chine, Chi Chu Tschang, qui affirme avoir été licencié de l'agence Bloomberg à cause de son blog, sur lequel il ne se privait pas de critiquer le gouvernement chinois.

L'ingénieur informatique Michael Hanscom, lui, a été remercié par Microsoft après avoir publié sur son site la photo montrant la livraison de trois palettes d'ordinateurs Apple au siège de la compagnie avec la mention "Même Microsoft veut des G5".

"Max" risque-t-il à son tour d'être démasqué et congédié ? Cette question semble sérieusement préoccuper ses lecteurs, dont certains le voient déjà en écrivain à succès : "Ton style s'affirme réellement de post en post ! Chapeau !, le félicite l'un d'eux. Au moins, si tu te fais virer, tu n'as qu'à trouver un éditeur et Bridget Jones ira se coucher. Un investissement comme un autre qui te permet d'assurer tes arrières en quelque sorte. A demain."

Alexandre Lévy, lemonde.fr
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