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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
le journal de max
Rechute inquiétantesemaine 2, lundi 9h00
Le pot du vendredi<b>semaine 1, vendredi 16h00</b> Géraldine en émoi<b>semaine 2, lundi 14h30</b>
« Où as-tu mis mon classeur de références ? » Numéro 4 fonce vers mon armoire et l’ouvre sans ménagement. A croire qu’il a vu clair dans ma combine de glandeur. Hors de question d’alimenter sa colère par une opposition frontale. J’applique la méthode aïkido, l’accompagnant dans son élan, lui proposant la visite de mon meuble bas. Il se rue dessus. Toujours rien. Ses yeux scannent la pièce une dernière fois puis il repart, sans un mot.

J’arrive à l’open-space, au moment où notre revenant psychorigide interroge l’assemblée sur un ton glacial. Personne ne moufte. Le clone inspecte les placards un à un. La descente continue chez Géraldine puis à l’accueil. Désemparée, Solénoïde lui demande s’il cherche un cadeau surprise. Pas de réponse. Pas un sourire. Rien.

Numéro 4 s’apprête à entrer dans mon bureau quand je lui fais remarquer qu’il l’a déjà vérifié, que le classeur ne s’y trouve pas. J’use d’un ton exagérément calme, comme si j’avais affaire à un forcené jonglant avec des tronçonneuses dans une nurserie. Le petit plus, c’est que, pour une fois, je suis sincère : les précieuses références dorment toujours là où je les ai cachées, au fond du débarras.

Il me regarde les yeux aux bords des larmes, renonce, prend son manteau, appelle l’ascenseur. Solénoïde est persuadée d’avoir gaffé. Je la rassure : elle ne pouvait pas savoir qu’il ne s’agissait pas d’un anniversaire. Martine Marteau soupçonne Numéro 4 d’entamer une dépression. Cela ne m’étonnerait pas. Avec son histoire de mystérieuse disparition de classeur, ce garçon m’inquiète de plus en plus.
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