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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
le journal de max
Prosaïque Martinesemaine 3, jeudi 15h30
Le cas Annie<b>semaine 3, jeudi 11h30</b> Intuition paranoïaque<b>semaine 3, vendredi 10h00</b>
Note de frais en main, je soigne mon entrée : « Ô Martine ! Debout dans l’ère successive, brisez, mon corps, cette forme pensive ! Buvez mon sein, la naissance du vent. » La comptable me tend le formulaire. Maintenant, pour se faire rembourser, il faut la signature du Boss. « Non ! Pour moi seul, à moi seul, en moi-même, auprès d’un coeur, aux sources du poème, tu ne peux pas me faire un coup pareil ? » Si. « Cruelle Martine ! M’as-tu percé de cette flèche ailée qui vibre, vole, et qui ne vole pas ? Le son m’enfante et la flèche me tue ! Bordel de merde. Je ne vais tout de même pas le payer de ma poche, ce déjeuner ? »

Je lui explique que ce repas est important pour la boîte, pour Gégé, à cause de ses problèmes intestinaux dont il ne veut pas parler. Rien à faire. Martine reste inflexible. Faisant fi de mes vers enflammés, elle reprend la procédure à zéro : les dépenses concernées, l’armoire des imprimés, le formulaire en question. Elle me demande si j’ai la signature du Boss. Non. Alors, comme un film repartant en arrière, elle se relève, rouvre l’armoire, y replace le précieux feuillet, s’assoit et revient à la position initiale.

En dépit de ma prodigalité poétique, le déjeuner est pour ma pomme. Décidemment, de nos jours, le talent ne paie plus.
TOUS DROITS RÉSERVÉS