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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
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Lettres aux culottes courtesancien texte issu du blog
Le dernier homme<b>ancien texte issu du blog</b> Le maniement du sapin<b>ancien texte issu du blog</b>
A ceux qui cherchent par de savants moyens à connaître mon identité.

La réalité ? Quelle réalité ? Celle des murs blancs, de la moquette sombre et du mobilier gris cendre qui habille mon bureau ? J'y ai cru, moi aussi, fut un temps. Je parlais à mes collègues en toute franchise. Meilleure façon de s'en prendre plein la gueule, d'ailleurs. Et à quoi bon ? Leur monde n'est-il pas plus beckettien que le mien ?

Je préfère encore manger à la table des artistes. Là où le pain se partage comme les rires, où les mains se posent sur les cuisses, où l'on se fout d'à-peu-près tout. Je préfère jouer Liszt, lire Proust, célébrer Nietzsche. Marcher vers les sommets embrumés, siester à l'ombre des jeunes filles et me laisser bercer par quelques rapsodies hongroises.

Si je suis découvert, le masque se brisera. Je perdrai sûrement mon job. Il n'y aura plus ni représentation, ni saoulerie, ni déambulation. Quelques baveux viendront se demander comment tel ou tel élément du décor a pu prendre vie. Mais leurs pas résonneront dans une salle vide. La troupe sera partie ailleurs, jouer un autre spectacle.
Elle marche dans la rue, je suis cet immense visage dans le ciel.
Elle marche dans la rue, je suis cet immense visage dans le ciel.
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