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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
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Le torpilleur fousemaine 2, jeudi 10h00
Miss Passante<b>semaine 2, mercredi 16h00</b> Première enquête<b>semaine 2, jeudi 14h00</b>
Afin de pallier à l’ennui mortel, je décide d’un tour aux toilettes en vue d’une sereine vidange. Et là, l’horreur. L’indicible. L’innommable. Comment dire ? Accoudé au siphon, un étron exceptionnel, tout en longueur, si énorme que la moitié au moins en émerge. L’odeur, la couleur de l’eau, tout est terrible. Il n’y a même pas de papier toilette. Je tire plusieurs fois la chasse sans succès, on dirait du béton. La situation est cauchemardesque. Je fuis.

Gégé m’en avait déjà parlé mais je n’osais le croire. Il sévit à notre étage un de ces monstres que la nature a muni d’une turbine à chocolat pour brontosaure, à vous fabriquer des cigares format 747, rasant les murs incognito, le sourire béat. Forcément : un largage pareil, ça doit sacrément soulager.

Face à cette expérience traumatisante, que dois-je faire ? Piquer un scandale chez le Boss ? Partir méditer la chose en haut d’une montagne ? Ou acheter une grenade explosive et guetter le prochain largage ?

La trouvaille me préoccupe. Y aurait-il à ce même étage un autre excentrique ? Aurais-je un double se cachant comme moi derrière son masque ? Quelqu’un que le système a voulu normaliser sans pour autant y parvenir ? Quelqu’un qui essaie encore d’exister dans ce monde invivable, défendant par cette voie originale le dernier bastion de son être ?

Peut-être le torpilleur fou a-t-il mis au point une variante du morse : trait point trait point. Peut-être que chaque lettre lui demande des heures de concentration. Peut-être qu’au fil des semaines, il déclame des vers extraordinaires.
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