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le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
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Géraldine en émoisemaine 2, lundi 14h30
Rechute inquiétante<b>semaine 2, lundi 9h00</b> Engouement soudain<b>semaine 2, mardi 8h00</b>
Christelle passe une tête : « Géraldine fait des bruits bizarres. »

Même en temps normal, l’énormité de Géraldine a de quoi impressionner. Obèse parmi les obèses, son corps est enveloppé d’arrondis, eux-mêmes arrondis d’arrondis, etc. Le genre qu’il vaut mieux ne pas pousser dans l’escalier. Mais cette fois, c’est dantesque. Les yeux grands ouverts, la pauvre répète en boucle : « Ça va pas… Ça va pas… » Peut-être est-elle en train de se transformer en montgolfière ? Ses doigts s’écrasent sur le bureau en blanc, rose, rouge, violet. La litanie devient monosyllabique : « aaa… paaa… »

Pour une fois très au fait, Solénoïde ouvre un tiroir, sort une boîte, en extrait un comprimé blanc. Elle le glisse entre les lèvres du pachyderme. Géraldine se ramollit. Elle pose la tête sur ses bras puis le gros bébé s’endort en bavant. S’il ne se réveille pas avant ce soir, je ne vois qu’une solution : le treuil.

De toute évidence, la crise est consécutive au manège de Numéro 4. Notre déléguée du personnel a dû prendre un peu trop à cœur l’incident du matin. Encore sous le choc, la petite Christelle va se passer de l’eau sur le visage. J’en profite pour jeter un œil sur son écran. Un texte sur Nietzsche. La coquine lit pendant ses heures de bureau.

Sans que je sache ni pourquoi ni comment, je me sens soudain empli d’un profond attrait pour les choses de l’esprit. Et notamment pour la littérature allemande post-romantique.
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