enregistrerfermerprécédentsuivant
zoom
le journal de max le journal de max le journal de max
le journal de MaxMANUEL DE DEMISSION MENTALE
le journal de max
Dernières volontésancien texte issu du blog
Dessine-moi une enflure<b>ancien texte issu du blog</b> Le dernier homme<b>ancien texte issu du blog</b>
Comme chaque lundi, je suis en retard. Etrangement, il n'y a personne à l'accueil. Pas plus dans les bureaux. Un brouhaha depuis la salle de réunion... Je vais voir. A mon entrée, les conversations cessent. Tout le monde me regarde. Le Boss m'interpelle : "Alors, comment va Max ce matin ?"

Palsambleu ! Je suis fait comme un rat mort ! Dans un furieux numéro de charcuterie verbale, il se met à me découper à coup de petites phrases bien tranchantes, parlant d'attitude lamentable, d'échec sur toute la ligne, de suites judiciaires, de carrière brisée, de reconversion dans le jardinage.

Vendredi, tout le monde était déjà au courant. Pendant que je fêtais ma consécration avec l'article du Monde, ils lisaient ma prose et préparaient leur vengeance. Solenne pleurniche en continu, Christelle me lance des regards noirs, Guy m'avertit vicieusement que ma femme sait tout, Gérard me tapote l'épaule en me glissant qu'avoir tenu six semaines, ce n'est pas si mal. Pour une fois, ce sont les clones les plus loquaces : Ils m'offrent un cerf-volant ! J'ai également droit à une soupe de la part des secrétaires et quelques pilons de poulet achetés par Martine. Le seul à me soutenir encore est le montant de porte. Sans lui, je serais à terre depuis longtemps. Le système est le plus fort, il m'a dégommé en quelques minutes. Je ne suis plus rien. Plus qu'un martyr... Un martyr du calembour.

---

Mais non, chers lecteurs, rassurez-vous ! Je ne suis pas découvert ! Cette raclure de Gégé ne m'a pas trahi. Solénoïde m'a bien accueilli ce matin avec sa voix de cruche déglinguée. Les clones bourrinent comme des cons et Martine-Marteau fait ses photocopies plus mollement que jamais. La journée s'annonce aussi chiante que d'habitude. A tel point que j'ai parfois envie de moi-même me dénoncer. Ça mettrait un peu d'ambiance. Quoique. Ils sont tellement cons, si ça se trouve, ils ne me croiraient pas.

Je regarde mes mains de cadre sup, elles sont blanches.
Je regarde mes mains de cadre sup, elles sont blanches.
TOUS DROITS RÉSERVÉS